Un géranium qui fleurit encore sur votre balcon cache un secret que peu de fleuristes prennent le temps d’expliquer (à condition qu’il ne fasse pas partie de ceux qui, comme expliqué dans cet article sur les causes d’un géranium qui ne fleurit plus en août, ont cessé de fleurir) : chaque tige coupée aujourd’hui peut devenir un plant entier l’an prochain, sans dépenser un centime. La bouture de géranium est l’une des multiplications les plus simples du jardinage, à condition de respecter le bon moment et quelques gestes précis.
Pourquoi et quand prélever vos boutures de géranium pour des plants gratuits
La fin d’été reste la période la plus favorable pour le bouturage du géranium, qu’il s’agisse d’un géranium zonal ou d’un géranium-lierre. Les tiges sont encore souples, la plante a accumulé des réserves après la floraison estivale, et les températures douces de la fin de saison favorisent un enracinement rapide sans stress hydrique excessif. C’est aussi une manière de sauver des plants avant les premiers froids, en gardant une réserve à l’abri pendant l’hiver.
Certains jardiniers préfèrent attendre le mois de mai pour multiplier leurs pélargoniums, juste avant la pleine saison de croissance, un peu comme pour la méthode de bouturage des hortensias en août. Les deux périodes fonctionnent, mais la fin d’été présente un avantage économique évident : elle permet d’obtenir des plants déjà bien enracinés avant l’hiver, prêts à repartir dès les beaux jours. Résultat, un seul pied mère bien fourni peut donner dix à trente boutures viables, soit une économie qui peut vite dépasser plusieurs dizaines d’euros par rapport à l’achat de plants en jardinerie.
Les 3 gestes simples pour réussir la bouture de géranium
Choisir et couper la bonne tige
Tout commence par le choix de la tige. Une bonne bouture de géranium mesure entre 8 et 12 centimètres, ne porte pas de fleur, et présente au moins deux ou trois nœuds visibles, ces petits renflements d’où repartiront les racines. La coupe se fait juste sous un nœud, avec un outil propre et bien aiguisé, pour éviter d’écraser les tissus et de favoriser le pourrissement.
Une fois la tige prélevée, il faut retirer les feuilles du bas, ne conserver que deux ou trois feuilles au sommet pour limiter l’évaporation. Sur un géranium-lierre, les tiges plus souples demandent une coupe nette et rapide, tandis que le géranium zonal tolère un séchage à l’air libre de quelques heures avant plantation, ce qui réduit le risque de pourriture.
Préparer et planter la bouture
La base de la tige peut être trempée dans une hormone de bouturage, un geste facultatif mais qui accélère nettement la formation des racines chez le géranium, tout comme dans les techniques et périodes pour réussir la bouture de vigne. La bouture est ensuite installée dans un substrat léger, mélange de terreau et de sable ou de perlite, qui draine bien tout en gardant une légère humidité. Un pot individuel ou une caissette partagée conviennent, à condition d’espacer suffisamment les tiges pour que l’air circule.
La bouture est enfoncée sur environ un tiers de sa longueur, juste assez pour que le nœud du bas touche le substrat. Il n’est pas nécessaire d’arroser abondamment tout de suite : un léger tassement du terreau et une pulvérisation fine suffisent pour démarrer.
L’erreur qui fait pourrir neuf boutures sur dix
Un substrat gorgé d’eau tue plus de boutures de géranium qu’un manque d’arrosage. La pourriture démarre presque toujours à la base de la tige quand le terreau reste détrempé en permanence. Un substrat qui sèche légèrement en surface entre deux arrosages reste le meilleur repère.
Les conditions d’enracinement qui font toute la différence

Une fois plantée, la bouture de géranium a besoin de lumière vive mais indirecte, à l’abri du soleil direct qui dessécherait ses feuilles restantes avant même l’apparition des racines. Une température ambiante autour de 18 à 22 degrés favorise un enracinement régulier, sans à-coups thermiques.
L’humidité doit rester constante mais modérée dans le substrat, jamais détrempée. Un voile plastique percé de quelques trous ou une simple bouteille coupée posée sur le pot peuvent créer un effet de serre utile, à condition de l’aérer chaque jour pour éviter la condensation excessive et les champignons.
| Type de géranium | Meilleure période | Particularité de la bouture |
|---|---|---|
| Géranium zonal | Fin d’été | Tige plus rigide, tolère un léger séchage avant plantation |
| Géranium-lierre | Fin d’été ou mai | Tige souple, coupe nette indispensable, enracinement souvent plus rapide |
De la bouture au plant : ce qui se passe en 3 semaines
Les premiers signes d’enracinement apparaissent en général entre dix et quinze jours, visibles à une légère résistance quand on tire doucement sur la tige. Vers la troisième semaine, un système racinaire suffisant s’est formé pour envisager le rempotage dans un pot individuel avec un terreau plus riche.
Ce rempotage marque une étape décisive : la jeune plante quitte le substrat de multiplication pour un mélange nourrissant qui soutiendra sa croissance jusqu’au printemps. Un arrosage modéré et une exposition lumineuse progressive permettent au plant de s’endurcir avant d’affronter les conditions extérieures.
Combien de plants gratuits pouvez-vous vraiment obtenir ?

Un pied de géranium bien fourni offre facilement une quinzaine de tiges bouturables sans compromettre sa propre reprise. Avec un taux de réussite courant de 70 à 80 % pour un bouturage réalisé dans de bonnes conditions, cela représente dix à douze nouveaux plants issus d’un seul pied mère. Multipliée sur trois ou quatre plants existants, cette technique de multiplication permet de couvrir un balcon entier ou plusieurs massifs sans acheter un seul godet en jardinerie au printemps.
C’est précisément ce que les vendeurs de plants en jardinerie évoquent rarement : la bouture de géranium coûte le prix d’un peu de terreau et d’un pot, alors qu’un plant fleuri se vend plusieurs euros pièce. En prélevant maintenant, la récolte de plants gratuits se prépare tranquillement pendant l’hiver, prête à repartir dès les premiers redoux.
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